Avis aux détectoristes

 

De nos jours, de nombreuses matrices de sceaux médiévaux sont découvertes dans le sol (jardins, champs, forêts, chemins ...) par hasard (découverte fortuite), avec ou sans l'usage d'un détecteur de métaux.

 

Etant donné certaines polémiques, nous apportons les précisions suivantes.

 

 

IDENTIFICATION DU SCEAU

Depuis plusieurs années nous rendons volontiers et gratuitement à toute personne qui possède ou qui a trouvé un sceau, le service de l'identifier : détermination de l'époque, lecture de la légende, identification du commanditaire du sceau etc. Généralement, de bonnes photographies envoyées par email suffisent pour cela.

 

Toutefois, par exception à ce principe, nous ne faisons pas ce genre d'identification lorsque le sceau est destiné à être présenté à la vente sur des sites comme ebay ou autres.

 

 

TROUVAILLE OU PILLAGE

Malgré l'oppression législative qui, en tous domaines, écrase des activités autrefois libres, la découverte fortuite d'objets anciens perdus par leur propriétaire (sceaux, monnaies) est encore à peu près libre. Encore faut-il :

-que cette découverte ait été stricto sensu fortuite.

-qu'elle n'ait pas été faite dans un endroit classé "site archéologique".

-que le "trésor" ainsi découvert ait donné lieu au partage prévu par la loi : moitié pour l'inventeur, moitié pour le propriétaire du fonds.

 

 

VENTE AUX ENCHÈRES

Toute personne qui possède un bien meuble est libre de s'en désaisir par le moyen de la vente, en particulier la vente aux enchères. Il est donc évident qu'une personne qui a trouvé fortuitement un sceau peut l'inclure dans une vente aux enchères.

La liberté de vendre son bien est une liberté fondamentale. Nous récusons donc catégoriquement le reproche que certains font contre les détectoristes, de "faire de l'argent" avec leurs trouvailles. Du moment que la trouvaille a été faite légalement et moralement, il est légitime de vouloir en tirer sa valeur marchande ... surtout quand cette valeur est faible et ne rembourse pas l'achat du matériel de détection.

Le fait de proposer d'inclure un sceau dans une vente aux enchères, présuppose que le sceau ait bien été trouvé fortuitement, et non pas lors d'une opération de pillage d'un site archéologique, et que toutes les autres conditions de déclaration et de partage ait été réunies.

C'est sous cette condition expresse que nous acceptons d'inclure dans nos ventes des sceaux médiévaux trouvés dans le sol. Aussi les personnes qui nous confieront des sceaux à expertiser ou à présenter dans une vente aux enchères auront à établir une attestation comme quoi la découverte du sceau a été faite en toute légalité, sans contrevenir au Code du patrimoine, et que toutes les éventuelles démarches de déclaration et de partage ont été faites.

 

 

FRAIS DE VENTE

Toujours pour éteindre les polémiques que certaines personnes frustrées allument contre les vendeurs, contre les maisons de vente et contre les experts, nous précisons que la vente de la plupart des matrices de sceau nous coûte plus qu'elle ne nous rapporte.

Nous faisons des ventes de sceaux principalement pour le plaisir, et non pas dans un but de rentabilité.

En effet, avec une moyenne de 15 % de frais retenus sur le vendeur,  la vente de matrices adjugées moins de 300 euros ne rentabilise pas le simple coût de la photographie professionelle (25 euros environ) et de l'impression du catalogue. Or, la plupart des matrices s'adjugent à une somme moins élevée...

A l'autre extrémité de l'échelle de valeur, la vente de la matrice du Mont Saint Michel (record de France pour une matrice médiévale) ne nous a pas non plus rapportée un seul centime !

 

Nous récusons donc catégoriquement toute accusation de "course au profit", tant pour notre Cabinet que pour les vendeurs ou les maisons de vente. Et nous renvoyons certaines "mauvaises langues" à leurs propres pratiques : quoique masquées sous de grandes mais ridicules protestations de pur intérêt scientifique, les pratiques secrètes de ces "donneurs de leçon" ne tourneraient pas à leur honneur si elles étaient révélées au grand public.

 

Il faut aussi savoir que :

• la quasi-totalié des matrices que nous identifions pour les détectoristes sont gardées par leur découvreur (et conservées la plupart des cas dans des conditions parfaites);

• la quasi-totalité des matrices que nous expertisons pour les ventes aux enchères, ne viennent pas de "détectoristes", mais de collections déjà constituées depuis longtemps (collection Meurgey de Tupigny par exemple). Dans nos précédentes ventes de sceaux, seules DEUX matrices avaient été trouvées dans le sol.

 

 

Paris, 11 octobre 2014.

Roch de Coligny

 

 

IL EST INTERDIT DE REPRODUIRE TOUT OU PARTIE DE CET ARTICLE.

 

×